__Je regarde le monde d'où je suis. Je suis si petite. Et le monde est si grand. Le plafond reste bas tout de même. Je sens pénétrer la poussière de cette foutue laine de verre qui pend au plafond depuis bientôt 8 ans dans mes poumons déjà mitraillés par la fumette. Je n'ai pas froid moi. J'n'ai pas chaud non plus. Je suis neutre, comme toujours. Neutre, non, pas neutre. Disons que je ne cherche pas les conflits. Enfin si. Si je n'ai pas chaud, si je n'ai pas froid, alors, "j'ai tiède". Non, je n'ai "pas tiède". J'ai tout de même plus chaud que froid, même si un léger vent frais souffle sur mon ridicule petit corps frémissant à la moindre effleure. J'ai les mains poisseuse, le front brûlant. J'ai de la fièvre je crois. Mes poils s'hérissent, mes poumons, AAAAAH!
Je ne veux pas grandir, C'est idiot n'est pas? Je ne veux pas vieillir, devenir responsable, prendre de lourdes décisions, me marier, divorcer, avec des mioches entre les pattes. C'est idiot, c'est idiot.
Il fait sombre tout d'un coups. La lumière vient de lâcher. Je suis dans la pénombre. Seul l'écran fait office d'éclairage. Mes yeux ne supportent pas cette lumière hargneuse. Alors je les fermes. Et là.
Un autre monde. Woodstock tunné. Londres mise à nue. Un taureau faisant office de bar luxueux. Le pauvre riche, le riche pauvre. La crise. Le monde. Grands, gigantesques buildings. A côté, de misérable taules. Bidonvilles à perte de vue. Des hommes sans pieds, des chiens sans truffe, Du lait fermenté. Limonade fraiche vendue 2¤ la bouteille. Shopi. Shopi?? Oui, Shopi.
Non, je ne veux pas d'un autre chat. Même si il est noir. Moi, je veux une conga. Oui, je sais, j'ai un djembe. Oui, je sais, ça coûte cher. Non, je n'irais pas en Russie. Non, tu n'es pas radine. Oui, nous survivons.
Partir loin et ne plus revenir. Drogue de mauvaise qualité pour le moment. On s'en contente? Plus tard, Katmandou.
Il tape du pied. Il croit battre le rythme. Le rythme de quoi, de qui? Sont c½ur bat fort. Il n'a pas peur non, il appréhende l'avenir, c'est tout. Quel abrutis. Je veux finir ma vie lorsque je l'aurai décidé. Je n'ai pas le sida. Je ne suis pas en sur poids. Mon corps est flasque, blanc transparent. Mes veines sont d'un bleu saillant. Je marque vite. Des bleus, partout. Des écorchures qui ne guérissent pas assez vite, des cicatrices. Je veux sortir. Pour aller où? Nulle part, partout. Qu'importe. J'étouffe. Quelle chaleur! Des tâches noires, dans les yeux me font barrage. Je n'y voit qu'à moitié. Je ne voyage plus. J'ai mal, mon dieu J'AI MAL!
Bad trip, putain de bad trip. Non, impossible que cela soit un simple bad trip. La fatigue peut être, le manque d'affection, je suis malade qui sait?
Il faut que je sorte, il faut que je sorte!